RAPPEL des notions de seconde

Définition :

En latin, on différencie la prose du vers : « prosus » désigne « ce qui va droit », sans souci de parallélismes ni de répétitions sonores, alors que « versare » signifie « revenir en arrière », désignant une production attentive aux rythmes et aux sonorités.

Rime et sonorité :

a. Les rimes :

  • Les fins de vers se répondent par la répétition d’un ou de plusieurs sons : les RIMES.

  • La qualité d’une rime dépend du nombre de sons en communs : elle est dite « pauvre» pour un son (violon/ chanson) «suffisante» pour deux sons (nuire/ sévir), ou riche au-delà.

  • Les rimes ont une nature : quand elles se terminent par un e muet, elles sont Féminines (pire/ satire), toutes les autres sont masculines (maison, passion, rigueur…)

b. Les assonances et allitérations :

  • A l’intérieur même des vers, une même voyelle peut être répétée : on parle d’assonance

  • Quand c’est une consonne, c'est une allitération EX : « Ô, douce, ardeur, que des yeux de ma dame… »

Strophes et formes :

  1. Strophe :

  • c’est l’unité formelle du poème, fondée sur un système de rimes. Le quatrain est une strophes de quatre vers où les rimes sont croisées (ABAB) ou embrassées (ABBA).

Ex : Avecque mon amour naît l’amour de changer,

       J’en aime une au matin ; l’autre au soir me possède ;

       Premier qu’avoir le mal, je cherche le remède

       N’attendant être pris que pour me désengager. » N. Vaquelin des Yveteaux, Recueil de vers.

b. Les formes fixes :

Quand une forme devient usuelle et se transmet, on la nomme forme fixe.

  • la ballade, forme privilégiée au Moyen âge comporte trois strophes fondées sur les mêmes rimes et un refrain.

  • le sonnet est composé de deux quatrains et de deux tercets.

Métrique :

Le vers est considéré comme un mètre dont la mesure dépend du nombre de syllabes :

  • l’octosyllabe, vers de huit syllabes utilisé aussi bien dans la poésie épique que lyrique.

  • le  décasyllabe vers de dix syllabes, malgré ses origines épiques ( La chanson de Roland)devient le vers lyrique par excellence.

  • l’alexandrin vers de douze syllabes, il devient le grand vers lyrique.

Scansion :

La prononciation du vers est codifiée : le e final ne se prononce pas en fin de vers. A l’intérieur du vers, on le prononce quand le mot suivant commence par une consonne (inversement quand le mot suivant commence par une voyelle, on l’élide).

Ex : Comme la branche  au gré du vent (celui en gras se prononce, celui souligné s’élide)

  • le vers se lit en respectant toutes les liaisons.

  • la diérèse dissocie en deux syllabes ce que la prononciation courante envisage en une syllabe. le procédé inverse est la synérèse.

Ex : Pardonnez-lui Madame un peu de défi-ance.

Les arts poétiques

Un art poétique est un ensemble de règles, parfois accompagnées de modèles, édictées par un poète. Quand il fonde une école poétique, on parle de manifeste.

C’est souvent un ouvrage en vers ou en prose, offrant des conseils sur la façon de composer la meilleure oeuvre poétique : les sujets à aborder, la forme à adopter…

Il propose généralement une définition de la poésie.

L’évolution des arts poétiques :

  1. L’Antiquité gréco-latine : les arts poétiques fixent les règles du théâtre ou de la poésie et classent les genres : La Poétique d’Aristote ou l’Art poétique de Boileau.

  2. Au XVI° siècle : les poètes de la Pléiade défendent un nouvel art poétique : l’inspiration doit être nourrie de l’imitation des Anciens et des poètes italiens. Mais il faut aussi enrichir la langue française.

  3. Au XVII° : L’Art poétiquede Boileau influence les XVII° et XVIII° siècles.

  4. AU XIX° : les Romantiques valorisent l’idée d’inspiration et d’originalité. L’hégémonie du vers pair et des formes traditionnellles est peu à peu remise en doute: défense du vers impair par Verlaine, le poème en prose qui se libère des contraintes formelles avec Baudelaire.